mercredi 3 octobre 2012

Votre guide électoral 2012: Candidats, enjeux, Etats clés et courses à surveiller.

Mercredi 26 septembre se tenait à l'auberge Saint-Gabriel dans le vieux-port, la première conférence de la série "Election 2012: l'affrontement Obama" organisée par l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.

David Lublin professeur à l'American University à Washington DC, et John Parisella ex délégué général du Québec à New York nous exposent les mécanismes du système électoral américain. Ils se risquent même à des pronostics quant à l'issue de l'élection du 6 novembre prochain.

Selon les estimations du 26 septembre, Barack Obama obtiendrait 247 délégués contre 191 pour Mitt Romney. Le président serait également en bonne voie pour remporter l'ensemble des États clés grâce à la règle du winner-take-all, en vigueur dans un grand nombre de ces États. Seule la Caroline du Nord est donnée de facto favorable au candidat républicain. 

Mais comme le précise John Parisella, rien n'est joué tant que la date fatidique de l'élection ne scelle les résultats. En effet, cette élection semble vouloir défier la règle de l'élection statistique. Même si aucun président n'a jamais été réélu lorsque le taux de chômage dépassait les 7,2%, les électeurs restent plus enclin à accorder leur confiance dans l'actuel locataire de la Maison-Blanche qu'à son challenger, en ce qui concerne la relance de l'économie et la création d'emplois. Toutefois le bilan des quatre années d'Obama est mitigé et il devra, si il est réélu, faire ses preuves dans le second mandat et marquer l'histoire.

Les Américains regardent au-delà des enjeux, et s'attardent sur la personnalité des candidats. A l'heure actuelle, Barack Obama apparaît comme plus sympathique et charismatique que son adversaire. C'est un problème de taille auquel doit s'attaquer Romney qui, à l'aube de l'élection laisse planer le mystère. Qui est le véritable Mitt Romney? Or, les électeurs n'aiment pas rester dans le flou. Ils veulent un leader envers qui ils peuvent s'identifier. Les débats à venir ne semblent pas bouleverser la donne actuelle. Il n'y a pas d'Home Run prévu de la part de Mitt Romney. Ce que confirme David Lublin, en précisant qu'habituellement les débats ne changent rien à l'issue du vote.

Frédérick Gagnon (professeur au département de science politique de l'UQAM et directeur de l'Observatoire sur les Etats-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand) revient sur les fameuses données du taux de chômage rappelant qu'aucun président n'a été réélu lorsque le taux de chômage dépasse les 7,2%. Mais il semble que ce soit différent pour Barack Obama. La question sous-jacente est de savoir si la convention démocrate a joué un rôle majeur dans ce phénomène. 

David Lublin souligne que le problème de Romney en ce qui concerne l'économie est l'absence d'alternatives crédibles. Il se contente de critiquer les politiques de l'administration Obama, qu'il jugent inefficaces et onéreuses, sans proposer de programme concret. Obama répond à cette attaque par sa devise Forward. Même si son bilan économique n'est pas à la hauteur des promesses de 2008, le pays se trouve dans une meilleure posture que lors de son investiture. "Four more years" sont indispensables pour espérer aller au bout des politiques entreprises depuis le début de son mandat.

Pour John Parisella cette fameuse donnée du 7,2% est un mythe crée par les médias. Loin d'être un indicateur fixe, c'est au contraire un élément très relatif. Lorsque Clinton a brigué en 1996 un deuxième mandat, le contexte économique était morose. La relance du pays n'était envisageable que sur le long terme. Les électeurs conscients de cet enjeu ont malgré tout accordé leur confiance au président. Or, là où le bas blesse pour Mitt Romney c'est qu'il propose les mêmes politiques menées par George W Bush. Ces mêmes politiques qui sont à l'origine du marasme actuel, ce qui n'échappe pas aux électeurs. 

L'issue des débats et la surprise d'octobre (si surprise il y a ! ) feront peut-être basculer la tendance actuelle. La campagne perdure jusqu'au 6 novembre.

A.E
 

lundi 1 octobre 2012

"La démocratie américaine est-elle malade?"

La librairie "Le Port de tête" accueillait, mardi 25 septembre, le premier d'une longue série d'évènements organisés par la Chaire Raoul-Dandurand concernant les élections américaines. C'est autour d'une discussion animée par François Lemay (chroniqueur et animateur chez Radio-Canada) que les auteures Elisabeth Vallet et Karine Prémont nous ont chacune présenté leur nouvel ouvrage.
Lors de cette discussion articulée à partir, d'une question des plus pertinente en cette veille d'élection "La démocratie américaine est-elle malade" Elisabeth Vallet et Karine Prémont nous éclaire sur les rouages du système électoral américain, et plus largement sur les particularismes du modèle démocratique du pays de l'Oncle Sam. Deux concepts plutôt difficiles à saisir.



Elisabeth Vallet détient un doctorat de l'Université Pierre-Mendès France à Grenoble et un postdoctorat du Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal. Elle enseigne la géopolitique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) en plus d'être membre de l'observatoire sur les Etats-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand). Son ouvrage Comprendre les élections américaines : la course à la Maison-Blanche est un guide très complet et accessible du système électoral américain, qui après lecture n'aura plus de secret pour vous.




 Karine Prémont est professeure au Collège André-Grasset et titulaire d'un doctorat en science politique. Elle est également chercheuse à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM. Son ouvrage Les secrets de la Maison-Blanche : l'impact des fuites d'informations confidentielles sur la politique étrangère des Etats-Unis permet de mieux saisir les transformations du leadership présidentielle en matière de politique étrangère depuis l'avènement des médias de masse.











Alors quels sont les éléments clefs à retenir de cette discussion ? (Ce compte-rendu n'est pas une retranscription mots pour mots, mais une reformulation et une interprétation personnelle du contenu de la conversation).

"La démocratie américaine est-elle malade ?"

François Lemay : La Constitution des États-Unis semble être un texte immuable qui définit entre autres, les pouvoirs du président. Alors pourquoi une telle évolution dans les prérogatives présidentielles ?

Elisabeth Vallet : A l'origine, les États-Unis c'est une confédération d’États souverains (treize exactement) qui ont élaboré ensemble un système collégial de gouvernance par le biais d'un congrès. Or les problèmes organisationnels et la diffusion du pouvoir affectèrent la gestion politique de la Confédération conduisant à sa perte, au profit d'un gouvernement plus centralisé. Les pères fondateurs de la Constitution américaine de 1789 s'entendent sur la nécessité de désigner un président, un chef de gouvernement symbolisant l'unité du pays. Mais, la peur de la monarchie et de la tyrannie (vieilles blessures du passé) incite les rédacteurs de la Constitution à établir un système de poids et contre poids les fameux checks and balances, afin d'éviter tout abus de pouvoir de l'une des trois branches de gouvernance. Cependant,  l'article 1 de la Constitution sera consacré à l'établissement des prérogatives du Congrès (pouvoir législatif) qui détient une ascendance certaine sur les deux autres pouvoirs. On parle d'ailleurs d'un gouvernement du Congrès. Mais la Seconde Guerre mondiale et l'arme nucléaire vont changer la donne. Le président devient plus puissant sous Franklin Delano Roosevelt (FDR). Alors qu'avant cette date être président était une "corvée".


FL : Karine, est-ce que depuis l'ère Kennedy on peut dire que l'on juge la qualité d'une administration en fonction du nombre de fuites connues de l'opinion publique ?

Karine Prémont : Les fuites révèlent surtout un problème de contrôle de l'équipe du président. Elles démontrent les chicanes existantes. Ce n'est pas tant le nombre, mais la nature des fuites qui est importante. Il y a deux sortes de fuites. Les fuites de contestation qui servent à modifier des politiques, mais en général elles sont peu efficaces. Et les fuites contrôlées par la Maison-Blanche qui servent à déterminer jusqu'où on peut aller dans une politique. Pour évaluer, discuter une décision peu populaire. 


FL : Si le président a besoin d'utiliser les fuites pour agir sur le Congrès, a-t-il vraiment le contrôle de son pays ?

EV : Non. Il est un parmi beaucoup dans le processus décisionnel. Il y a également un équilibre des pouvoirs au sein de la Maison-Blanche. C'est ce qui est au fondement même de la démocratie américaine : l'équilibre à la fois entre, mais également à l'intérieur des pouvoirs.


FL : Peut-on résumer le processus démocratique aux États-Unis en disant pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

EV: Oui et non. C'est une erreur de voir les États-Unis comme une entité unitaire. Pour mieux comprendre, on peut effectuer une comparaison avec l'Union européenne. Selon les États, le système juridique est différent. Il existe également beaucoup de mouvements indépendantistes qui créent des distorsions, car chaque État se voit comme un État à part entière qui possède son propre modèle électoral, et sa propre constitution. Il ne faut pas oublier que la philosophie première de la Constitution c'est de créer une confédération et non un État unitaire.

FL : On a souvent entendu parler de scandales consécutifs à des fuites. Quels en sont les impacts sur la politique américaine ? 

KP : Il y a des fuites qui fonctionnent, mais c'est rare. Dans le cas du Watergate c'est le résultat d'une présidence branlante affectée par de nombreuses discordances. Ces problèmes internes favorisent les fuites comme signe de contestation. Dans ce cas, on déborde du cadre de la légalité. Les limites ont été franchies ce qui a conduit à la démission du président Nixon. Lorsqu'il y a trop de fuites, c'est impossible à colmater.
Pour ce qui est de la crise de la Baie des Cochons sous Kennedy, les journalistes et l'URSS connaissaient la date du débarquement. Castro était également dans la confidence et attendait les Américains. Cet épisode s'est terminé par un fiasco total. Il y eut beaucoup de morts et de prisonniers américains lors du débarquement. On peut dire que la cause de cette débâcle c'est une décision non assumée de la part de JFK concernant une opération préparée sous l'administration précédente Eisenhower. 
Dans le cadre de Wikileaks, les fuites n'ont pas eu l'effet escompté. Certes, elles ont provoqué l'embarras d'Obama sans pour autant créer le buzz politique. Le nombre de fuites était impressionnant, mais la qualité de l'information était minime. Il n'y a finalement pas eu de gros scandale politique. C'est l'accumulation des fuites qui a fait mouche. 


FL : Les Etats-Unis sont un ensemble d’États différents, mais pourquoi le gouvernement n'envisage-t-il pas d'imposer un seul système électoral uniforme?

EV : Beaucoup sont contre le gouvernement central il est donc difficile d'imposer un modèle national. Les Etats tiennent à leur indépendance. 


FL : Lors des campagnes présidentielles surtout, on parle beaucoup du jeu du financement des campagnes qui permet de faire appel à des services de mécènes en échange d'intérêts, qu'en est-il aujourd'hui? 

EV : Avant les contributions étaient réglementées. Mais avec la crise de 2008 et la réduction considérable des dépenses publiques, on est revenu en arrière. En 2010 la Cour Suprême avec l'arrêt Citizens United V. Federal Election Commission permet le financement sans limites des campagnes. Ces Super Pac (Political Action Committee) regroupent des organisations (milliardaires, entreprises, groupes d'intérêt) qui peuvent lever des fonds illimités pour soutenir un candidat.


FL : Karine, pourquoi avoir choisi d'analyser les fuites à partir de Kennedy ?

KP : Tout simplement parce que cette période correspond à l'apparition des médias de masse permettant une diffusion plus large de l'information. A partir e l'ère Kennedy, l'Opinion publique devient une arme politique majeure.

FL: Existe-t -il des cycles particuliers en matière de fuites, des pics?

KP : En fait cela dépend beaucoup de facteurs internes aux pays comme la bonne santé de l'économie, le leadership du président, etc). Cependant, on constate qu'il y a généralement plus de fuites lors du second mandat, car l'opinion publique et l'opposition sont souvent plus lassées. Ce sont des fuites de contestation.

EV :  C'est ce qu'on appelle en effet la malédiction du second mandat où il faut régler ses comptes.


FL : Les primaires sont le passage obligé lors des présidentielles. Mais ce processus de sélection traine en longueur. Peut-on dire finalement que le président est toujours en élection ?

EV : Oui tout à fait. Le président est réellement président lors du second mandat. On peut dire qu'il est en élection constante, car il y a des élections tous les deux ans. Dont une fois sur deux c'est ce qu'on appelle les élections de mi-mandat, qui mobilise surtout l'électorat frustré du gouvernement en place. Très souvent lors de ce scrutin, le parti du président perd des sièges au Congrès et même très souvent perd la majorité dans l'une des deux chambres. Le président peut réellement agir politiquement lorsqu'il a un Congrès favorable.

FL : Le facteur religieux occupe une place importante dans le choix du futur président. Un mormon peut-il être élu ? 

KP : C'est difficile à dire. Romney a beaucoup d'éléments qui jouent contre lui. Ceci dit, ce n'est pas tant la religion qui est déterminante, mais le leadership lors des présidentielles. On élit un meneur, qui doit à la fois faire preuve de charisme, mais également être sympathique. C'est ce qu'on appelle le facteur bière : les électeurs voteront pour le candidat avec qui ils iraient prendre une bière, et à l'heure actuelle, Mitt Romney peine à gagner en popularité.

EV: Les chiffres du Pew Research Centre démontrent qu'aux États-Unis il est plus facile d'élire un homme plutôt qu'une femme quelque soit sa religion ou couleur de peau.

FL: Le processus électoral aux Etats-Unis est complexe, à qui sert-il ?

EV: Il y a une passoire informationnelle aux Etats-Unis donc il est difficile de cautionner la théorie du complot d'une telle ampleur. 

FL: Depuis les élections de 2010 on parle d'un renforcement de la polarisation de la société, que pouvez-vous nous en dire? 

KP : On constate une polarisation plus prononcée de la société américaine, avec un virage à droite accentué par les médias. Mais en même temps, les gens s'informent auprès des médias qui leur sont idéologiquement proche. Ce qui a tendance à renforcer cette idée d'une Amérique divisée en deux..

EV : Depuis les années 1980, l'écart se resserre dans les élections. On constate une diminution des disparités pour les présidentielles. Cependant, l'opinion publique reste plus divisée selon les enjeux (économie, emploi, avortement, mariage homosexuel...). A cela s'ajoute la règle du winner-take-all, véritable distorsion du mode de scrutin qui engendre des disparités sur le plan national. Mais si on regarde les résultats par comtés la carte des Etats-Unis est violette.


A.E

lundi 10 septembre 2012

Les Démocrates gagnent cinq points dans les sondages



Les Démocrates sont les grands vainqueurs de cette guerre des conventions. En effet, selon un récent sondage de Gallup, Obama a non seulement rattrapé son retard vis-à-vis de Romney au lendemain de la convention républicaine, mais le devance désormais de cinq points dans les intentions de vote (49%-44%).

Après un bilan plutôt mitigé de la convention républicaine, les Démocrates sortent avec brio leur épingle du jeu. Ce succès est en grande partie dû au discours de plus de 48 minutes de Bill Clinton, qui a su convaincre son auditoire de la réalité socio-économique du pays et du bilan de Barack Obama. 

                                     


Même Mitt Romney a reconnu que cette allocution avait rehaussé le niveau de la convention. Il a su taper là où ça fait mal, notamment en évoquant l'économie et l'emploi : "Well since 1961, the Republicans have held the White House 28 years, the Democrats 24. In those 52 years, our economy produced 66 million private sector jobs. What’s the jobs score? Republicans 24 million, Democrats 42 million!". Mais notamment en pointant du doigt le refus de la majorité républicaine actuelle à la Chambre de collaborer avec les Démocrates renforçant ainsi la paralysie législative: "When times are tough, constant conflict may be good politics but in the real world, cooperation works better. After all, nobody’s right all the time, and a broken clock is right twice a day. All of us are destined to live our lives between those two extremes. Unfortunately, the faction that now dominates the Republican Party doesn’t see it that way. They think government is the enemy, and compromise is weakness."

L'ancien président a donc fait de l'ombre à l'actuel occupant de la Maison-Blanche qui s'est exprimé dix minutes de moins que son prédécesseur. Tout comme celui de Romney, le discours d'Obama manquait cruellement de reliefs. Il s'est contenté de rappeler les fossés existants entre la vision républicaine et démocrate des enjeux comme l'économie et l'emploi sans rien annoncer de concret. Finalement, s'il n'y avait pas eu Bill Clinton pour sauver le président, Obama se trouverait très certainement dans une position fort inconfortable aujourd'hui, avec pour le mois d'août le taux de chômage le plus élevé de sa présidence 8,1%. Or, on sait que c'est un chiffre clef aux États-Unis dans la course à la présidence.



Le triomphe de Clinton est un coup dur pour le GOP dont le discours de l'invité mystère (Clint Eastwood) a plus marqué les esprits pour sa confusion et pour l'épisode de la chaise vide, que pour sa pertinence politique. De plus, Clinton demeure encore aujourd'hui, un président très apprécié par l'ensemble des Américains et notamment pour sa gestion de l'économie. Les Républicains n'ont pu faire appel au président George W Bush, persona non grata.

Les débats entre les deux candidats prévus les 3-16 et 22 octobre permettront de confirmer ou non la tendance actuelle dans les sondages.

A.E

mercredi 5 septembre 2012

La guerre des conventions.

La convention républicaine n'a pas eu les effets escomptés pour le GOP qui n'a pas gagné de points dans les sondages depuis. Cependant, Obama et Romney demeurent au coude à coude dans le dernier sondage réalisé par CNN-ORC international avec 48%-48%.

C'est désormais le tour des Démocrates de convaincre les électeurs lors de leur convention, qui se déroule en ce moment à Charlotte en Caroline du Nord. C'est un exercice difficile qui attend le parti du président aux vues de la situation actuelle (taux de chômage qui demeure élevé, une économie morose, et surtout une dette nationale qui atteint le chiffre critique de 16 000 milliards de dollars). 

 Néanmoins, le bilan de ce premier jour est prometteur. Le "keynote speech"  fut prononcé cette année par le jeune (37 ans) maire hispanique de San Antonio, Julian castro, qui a su convaincre. C'est la première fois dans l'histoire que ce discours clé est donné par un Latino.  



Comme lors de la convention républicaine de la semaine dernière, la femme du candidat, Michelle Obama s'est exprimée afin de défendre les qualités et le bilan de son époux. C'est un sans faute pour la première dame qui a captivé son auditoire, en rappelant les qualités humaines de son mari et son sincère dévouement à son pays. 



A.E

samedi 1 septembre 2012

Le bon, la brute et le truand !

LA surprise de cette dernière journée de convention, c'est le discours de Clint Eastwood. Dès le lendemain tous les médias ne parlaient que de ça, passant à la trappe le discours de Mitt Romney.

Arrivé sur un air de musique de western, l'acteur et réalisateur, s'est exprimé de manière plutôt décousue, et hésitante en s'adressant à une chaise vide placée à ses côtés, symbolisant le président Obama qu'il a violemment décrié et accusé. Il a exprimé sa déception face au bilan du président sortant, déclarant que "quand quelqu'un ne fait pas son travail, il faut qu'il s'en aille". Ce à quoi Obama a répondu via son compte twitter avec photo à l'appui, "This seat is taken". Le fisco Eastwood n'a pas fini de faire parler de lui, embarrassant un peu plus le Parti républicain.



En ce qui concerne le discours d'acceptation de Mitt Romney, rien de nouveau. il s'est contenté de critiquer le bilan de son adversaire sans annoncer de vrai programme, mais en faisant beaucoup de promesses, comme de réduire de 500 milliards de dollars chaque année les dépenses publiques, tout en diminuant les impôts pour tous. Ce qui permettra selon lui, la création d'emplois. Le programme du GOP validé lors de cette convention consiste donc à réduire le plus possible l'intervention étatique dans tous les domaines. En particulier les subventions pour les programmes publics et sociaux. En revanche, le budget de la défense devrait augmenter si monsieur Romney est élu. 



Finalement, le bilan de cette convention est assez décevant. Aucun programme réel d'action n'a été mis en évidence. Les personnalités politiques invitées ont plus prêchées pour leur éventuelle candidature pour 2016 que pour défendre le candidat actuel. Quant à la star quatre fois oscarisée, Clint Eastwood, il créa l'évènement mais très certainement pas dans le sens souhaité.

Je vous laisse avec cette vision humoristique de la convention par Le Petit Journal de Canal+.




A.E


jeudi 30 août 2012

Convention nationale républicaine 2012, partie 2

Au menu de la deuxième journée, quelques surprises, bonnes et mauvaises. 
Pour les bonnes, on compte le discours de Condoleezza Rice qui a crée l'enthousiasme général, en évoquant les sujets sensibles comme la politique étrangère, mais également la santé, l'éducation et l'emploi. A travers son expérience personnelle (jeune femme afro-américaine de l'Alabama, qui a connu enfant la ségrégation raciale) elle clame son amour et sa foi en l'Amérique. Mais, tout comme pour Chris Christie il faut sans doute y voir un message pour 2016. 




En ce qui concerne l'intervention du candidat à la vice-présidence, Paul Ryan, le bilan est mitigé. C'est une bonne et une mauvaise surprise. Pour les plus convaincus, on parle d'un "nouveau Reagan". Il s'est adonné à un discours enflammé, très critique à l'égard des politiques du président Obama, en particulier en ce qui concerne l'économie et l'emploi. Il a également usé d'émotions en évoquant sa famille et tout particulièrement sa mère (qu'on ne cesse d'apercevoir durant son discours), affirmant qu'Obamacare met en péril Medicare (couverture de santé pour les aînés) avec son programme de coupes budgétaires. 

Mais malheureusement pour Ryan, les experts "fact-checkers" ont scruté à la lettre son discours et ont dénoncé  les mensonges et autres approximations des faits évoqués par le représentant du Wisconsin  (cf cet article du Monde). La crédibilité de monsieur Ryan en prend un coup, ce qui va alimenter allègrement les discours de la convention démocrate en septembre prochain.



On attend désormais avec impatience le discours de Mitt Romney qui aura lieu demain, ainsi que celui de l'invité mystère (plus si mystérieux) Clint Eastwood. 

A.E

Sources: Richard Hétu: Le nouveau Reagan

mercredi 29 août 2012

Convention nationale républicaine 2012, partie 1

Source: The Globe and Mail

Alors quel bilan pour cette première journée (retardée par l'ouragan Isaac) de la convention nationale républicaine à Tampa en Floride ? Dans l'ensemble plutôt positif et prudent pour ce premier jour. Mitt Romney est désormais officiellement, avec 2061 votes, le candidat républicain à la présidence des États-Unis.

Un des moments clés de cette ouverture était le tant attendu discours d'Ann Romney, la femme du candidat. Un des objectifs principaux de la Convention est de parvenir le plus possible à faire consensus auprès de l'électorat visé, afin de remonter dans les sondages, et gagner en capital sympathie. On le sait, Romney peine à convaincre les femmes (mais également les électeurs de la classe moyenne et les ultraconservateurs). Par la présence de nombreuses têtes d'affiche féminines du parti comme la sénatrice du New Hampshire Kelly Ayotte, et la gouverneure de Caroline du Sud, Nikki Haley, le GOP espère gagner des points auprès de l'électorat féminin et faire oublier les nombreuses bourdes des dernières semaines concernant le viol et l'avortement.




Elle conclut avec une phrase pleine de conviction destinée à soutenir son mari: "Il est l'homme dont l'Amérique a besoin". C'est un sans fautes.

Pour une analyse des forces et faiblesses du GOP, je vous invite à écouter cette interview très pertinente de Julien Tourreille.

A noter aussi, l'intervention de Chris Christie, gouverneur du New Jersey, longtemps pressenti comme colistier. Ce "keynote speech" était le second discours tant attendu lors de ce premier jour. Christie est allé dans la dénonciation des politiques d'Obama, dans l'introspection et dans l'émotion, préparant certainement le terrain pour 2016. Il a fallu attendre presque la fin de son discours pour l'entendre prononcer le nom du candidat. 


Ron Paul fut l'ombre au tableau. Ce dernier a mis fin à sa campagne ce week-end, et a décliné l'invitation pour participer à la Convention. Mais ses supporters se sont fait entendre, après que le GOP ait retiré à une dizaine de délégués du Maine, favorables à Ron Paul, le droit de voter. Ambiance quelque peu électrique. 


A.E


sources: The Globe and Mail : Republicans sharpen line of attack on Obama as party convenes in Florida.
Elisabeth Vallet : L'aspirant devient candidat- Les conventions nationales.
Richard Hétu : Ann Romney et l'"homme dont l'Amérique a besoin".
Le Monde : Les cinq choses à retenir de la première journée de la convention républicaine.
Julien Tourreille : Analyse des forces et faiblesses du Parti républicain.